Mar 072017
 

Soumission anonyme à MTLCounter-info

Personne ne s’y en attendait, mais les groupes d’extrême-droite ont pu défiler à Montréal, il s’agit d’une première fois depuis plusieurs années. On ne croyait pas que les groupes fachos pouvaient mobiliser après les échecs cuisants des manifestations de Pegida en 2015, où l’on pouvait dénombrer 4 ou 5 mononcles et matantes perdues et environ 500 contre manifestant-es.

La journée a commencé à 11ham avec un rassemblement des groupes d’extrême-droite à la place Émilie-Gamelin. Ils et elles ont trouvé comme prétexte la défense de la liberté d’expression afin de pouvoir déverser leur haine envers les musulmans. Le rassemblement était constitué d’environ 150 personnes et on pouvait apercevoir beaucoup de drapeaux de « La Meute » ainsi que des drapeaux du Québec. Un petit groupe de maoïstes a tenté de les bloquer dès le départ, mais les flics se sont interposés pour les repousser et laisser le chemin libre aux fascistes.

La manif de fascistes est arrivée à l’hôtel de ville vers 11h30 et une contre-manifestation d’environ 400 personnes attendait les fachos. Les coups ont commencés à voler de part et d’autre, car la police n’avait pas séparé les deux manifestations. Disons que les membres des groupes d’extême-droite qui s’aventuraient un peu trop loin ont mangé plusieurs coups et se sont fait plaquer au sol. Quelques fumigènes ont été lancés vers les fachos pour tenter de perturber leur rassemblement. Les flics ont ensuite séparé les deux manifestations et c’est à ce moment que les choses se sont cristallisées. L’extrême gauche d’un côté et l’extrême-droite de l’autre. Les insultes étaient lancés d’un côté comme de l’autre, mais sans confrontation.

Malgré cela, une trentaine d’anti-fascistes a spontanément décidé de contourner de façon habile le dispositif policier. Malgré des tentatives pour ramener un plus grand nombre de personnes pour joindre le petit groupe qui se détachait de la manif, la majeure partie de la manifestation anti-raciste est restée figée. Peut-être était-ce une inertie due à l’attente durant 45 minutes dans le froid ou bien le non-vouloir des organisateurs.trices à communiquer cette initiative ou le manque d’une bannière pour entraîner un plus grand mouvement? Il reste que ce n’est qu’une petite portion qui a voulu s’engager dans la tentative de bloquer la route aux fascistes de l’autre côté de la rue. Le petit groupe mobile s’est ensuite retrouvé nez à nez avec le groupe La Meute qui faisait la sécurité pour la manifestation d’extrême-droite. Plusieurs coups de poing sont partis de part et d’autres, c’est alors que des bouteilles de vitre et de gros blocs de glace, ainsi qu’une poubelle sont tombés en pleine gueule des fachos. Le petit groupe d’antifascistes s’est alors mis sur la route des fascistes pour tenter de stopper net leur marche. Les policiers à vélo sont vite venus disperser les antifas qui s’étaient retrouvés de l’autre côté du cordon de flics. L’extrême-droite a ensuite eu le champ libre pour continuer à marcher pendant que la manifestation anti-raciste suivait derrière et étaient repoussée par les assaut des forces de l’ordre. La manif d’extrême-droite a pu ensuite se disperser au parc Émilie-Gamelin.

La journées de hier est une défaite face à l’extrême-droite qui a réussi à marcher à Montréal. La plupart des gens étaient venus avec l’idée que tout serait très tranquille et que ce ne serait qu’une vingtaine de racistes et de nationaleux qui se pointeraient à la manif d’extrême-droite. Disons que la préparation n’était pas au rendez-vous. La menace du fascisme est devenue bien réelle même dans Montréal que l’on croyait immunisée contre des manifestations de l’extrême-droite. La prochaine fois il faudra prendre beaucoup plus au sérieux l’enjeu de l’antifascisme et nous assurer les racistes n’aient plus la liberté de se présenter dans la rue et resteront cachés derrière leurs petites pages facebook miteuses. Une des seules choses que l’on peut se satisfaire de cette journée est que la majorité de la foule semblait supporter les cassages de gueules des racistes et le fait de ne pas les laisser prendre la rue. La culture de lutte à Montréal est assez implantée pour que la violence envers l’extrême-droite soit acceptée et il s’agit de quelque chose que nous devons continuer à garder lorsque nous sortons dans la rue.

Quelques réflexions tactiques pour les prochaines manifestations antifas

  •  Lorsque nous sommes un contingent de 400 personnes, au lieu d’essayer de percer la ligne d’anti-émeute, un groupe de 50 à 100 personnes aurait pu se positionner sur les rues avoisinantes pour empêcher toute personne de rejoindre le rassemblement d’extrême-droite.
  • Il faudrait avoir des projectiles de toutes sortes pour lancer sur les fachos, que ce soit des œufs, des balles de peinture, des roches ou bien des feux d’artifices qui sont lancer en leur direction. Tout peut être utile pour tenter de les forcer à quitter.

Les anarchistes à Montréal ne doivent plus prendre à la légère la question de l’anti-fascisme, car désormais la menace est réelle. Nous devons tous.tes participer activement à ce combat qui commence à gangrainer l’Europe et la soi-disant Amérique du Nord. L’anti-fascisme ne doit plus être quelque chose relié à une contre-culture, mais faire partie d’une lutte efficace pour faire taire le racisme.