Déc 062017
 

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Des details croustillants révélés en primeur sur les modus operandi de l’extreme gauche, un usage abondant d’une grammaire simpliste, mots sortis tout droit du dictionnaire: il semblerait y avoir eu une forte recrudescence des articles signés Philippe Teisceira-Lessard dans la Presse au cours des derniers mois.

En date du 23 novembre 2017, Philippe Teisceira-Lessard aurait supposément publié un article décrivant des actions alléguées de « l’extrême-gauche » au soi-disant « Quebec ». Grâce a des interviews de nazis repentis (Maxime Fiset) et d’enquêteurs a la retraite du SCRS, le journaliste explore les bas-fonds de la mouvance « anarchiste » et nous gratifie d’une analyse pénétrante des motivations profondes présidant aux actions criminelles de la gauche.

Perplexes devant les conclusions subtiles et raffinées sur les idées des différents acteurs publiant des communiqués sur Montréal Contre-Information auxquelles est parvenu Philippe Teisceira-Lessard, nous avons décidé de mener notre propre enquête. Une source ayant requis l’anonymat nous a ainsi déclaré : « Philippe Teisceira-Lessard dispose visiblement d’informations privilégiées. Autrement, je ne vois vraiment pas comment il pourrait être à ce point au fait de leurs tactiques et de leurs intentions. Par exemple, comment a-t-il fait pour savoir qu’une source majeure d’inspiration pour eux se trouve dans les sites web djihadistes? »

Il y a eu une forte recrudescence des contributions journalistiques de M. Teisceira-Lessard. En 2017, plus de 54 articles auraient été signes de sa plume. En comparaison, en 2015, seulement 13 articles auraient été l’oeuvre du journaliste d’enquête. En épluchant attentivement ses articles de la période 2016-2017, nous avons démontré une frappante ressemblance entre leur style et celui des communiqués anonymes présentés sur Montréal Contre-info.

« Similaire à un blogue anarchiste »

Au cours de notre enquête, nous avons fait appel à différents experts en technologie oeuvrant avec des algorithmes dernier cri pouvant comparer la syntaxe et les schémas linguistiques des articles de Teisceira-Lessard et ceux de plusieurs posts sur Montréal Contre-info. Les résultats ont été pour le moins inquiétants.

Dans 99,2 % des comparaisons, autant Teisceira-Lessard et les contributeurs anonymes ont utilisé abondamment les structures de phrase suivantes : simple, composée et complexe. Tous les deux ont employé des verbes s’accordant avec des sujets, parfois liés par les conjonctions « et » ainsi que « ou ». Le plus étonnant, c’est qu’une clause indépendante était parfois liée à une clause dépendante par l’usage de la conjonction « parce que ».

Après des triangulations linguistiques répétées entre les contributions de Teisceira-Lessard à la Presse et les communiqués soumis à Montréal Contre-info, l’éminent chercheur en symbologie de l’extrême-gauche, Ian Lafrenière, a noté avec inquiétude que « ses articles sont nettement similaires au contenu d’un blogue anarchiste ». Nous soulignons ci-bas quelques exemples des similarités entre l’écriture de Teisceira-Lessard et ces communiqués anonymes :

« Un site baptisé Montréal Contre-information est devenu une plaque tournante de la mouvance et diffuse les communiqués de revendication de plusieurs attaques contre des personnes ou des biens. »

« Une vidéo diffusée sur la plateforme montre deux individus s’approchant de la voie ferrée et activant des extincteurs remplis de peinture. »

« Plusieurs yuppies décident de démontrer leur richesse autrement que par des BMW et des Mercedes. »

Ndlr : Dans les faits, les sites faisaient l’usage plus fréquent des formats composés–complexes que Teisceira-Lessard, qui semble ne pas vouloir obscurcir son oeuvre ou semer la confusion dans son public avec plus que deux clauses.

L’internet comme moyen de communication

Lapresse.com, mtlcounter-info.org, ISIS.net/recruitment. Tous les trois sont des sites web. Ils publient et distribuent des articles et des opinions éditoriales à un public large, qui ont accès à ces informations par l’internet.

De son propre aveu, la Presse utilise l’internet pour diffuser sa propagande depuis 1999, et tout récemment en 2015 s’est convertit à une modèle de distribution presqu’entièrement basée sur l’internet. On ne peut pas voir comme simple fruit du hasard que Montréal Contre-info choisit aussi de diffuser l’information principalement sur le Web, en conservant une petite base de distribution format papier.

Le ou les gestionnaires du site de la Presse n’ont pas répondu à nos courriels. Leur hébergeur, l’entreprise canadienne Namespro Solutions, n’a pas voulu révéler leur identité à notre expert en science de l’informatique, Daniel Lecavalier.

Un passé criminel

Teisceira-Lessard n’est pas étranger aux actes violentes de l’extrême gauche. En avril 2012 il a lui-même été arrêté et accusé d’entrée par effraction et de méfaits pour son « rôle essentiel » dans l’occupation et le saccage du bureau du ministre Line Beauchamp à Montréal.

En entrevue après les événements, Teisceira-Lessard a avoué sa participation. « Quand le policier a parlé de méfaits, de vols et d’entrée par effraction, j’étais sous le choc par ces mots-là qui sonnent fort [sic]. Ce n’est pas de petits chefs d’accusation », a-t-il dit, avec une pointe de fierté. Depuis, il semble que Teisceira-Lessard s’est fait discret en se repliant dans l’underground sombre de la blogosphère extrémiste.

Des victimes sans défense

Bien qu’il est techniquement vrai que l’idéologie de l’extrême droite a directement mené à l’assassinat de huit hommes musulmans, des attaques racistes constantes contre des mosquées, et une hausse des agressions contre les personnes racisées, nul ne peut ignorer l’impact des actions de l’extrême gauche. « On est aux prises avec une situation où l’extrême gauche fait autant partie du problème que l’extrême droite », indique Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale et ex-agent de la SCRS.

Nous nous sommes entretenus avec plusieurs chargeuses frontales et caméras de surveillance, qui ont accepté de nous parler seulement sous couvert de l’anonymat. Dans un de leurs témoignages percutants, une vitrine de commerce a raconté la suivante :

« Ces gestes violents sont totalement inacceptables et n’ont pas leur place dans une société de droit… d’aucune façon je ne peux accepter que l’on s’attaque à ma famille, à leur sécurité et à leur sérénité. »

Notre enquête et notre analyse minutieuse mènent à une conclusion incontournable : si l’on ignore l’idéologie et le contenu, il y a beaucoup trop de similarités entre les articles signés Teisceira-Lessard et ceux qui apparaissent sur Montréal Contre-info pour accepter qu’ils auraient été écrit par différents auteurs. Nous avons contacté le SPVM pour demander un appui supplémentaire de 524 937,50 $ afin de poursuivre notre enquête, mais leur petite caisse a récemment été épuisé.

Nous avons essayé de contacter Teisceira-Lessard pour faire la lumière sur ces nouvelles allégations inquiétantes, mais il nous a répondu seulement « aucun commentaire », une expression qu’il a sans doute appris lorsqu’il était en prison.