Oct 122017
 

De Camp de la rivière – Galt-Junex

Déclaration du Camp de la rivière à propos de la présence de fascistes à la manifestation intitulée L’eau du Québec, c’est sacré!

L’écologie et l’anticolonialisme sont les piliers du Camp de la rivière. Bien entendu, ces concepts ne sont pas fixes et laissent place à plusieurs interprétations. Cela étant, ils impliquent d’abord et avant tout une transformation dans notre rapport au monde, aux êtres qui nous entourent, à l’histoire qui nous précède, à celle que l’on met en récit, et ce dans le but assumer de se dérober à ce monde qui fait guerre à tout ce qui résiste, à tout ce qui lui est extérieur.

À la manifestation intitulée Manif à la frontière : réfugiés bienvenus!, Dave Tregget, membre de Storm Alliance, a déclaré que les antifascistes et Storm Alliance recroiseraient le fer à la manifestation intitulée L’eau du Québec, c’est sacré! Montréal antifasciste a ensuite contacté les organisateurs et organisatrices de cet événement afin de leur demander de se dissocier de la présence de groupes fascisants à leur événement. Dans les commentaires sur la page Facebook de l’événement, ces derniers ont cru bon de rappeler qu’il s’agit d’une manifestation pour protéger l’eau et qu’il n’y ait pas question de racisme, donc que tout le monde, incluant les racistes, y est le bienvenu. D’abord, nous tenons à rappeler que l’eau qui coule sur le territoire n’appartient pas à ce qu’on appelle du Québec, mais coule en territoire autochtone non cédé. Ensuite, il nous faut également aborder le caractère, à tout le moins, problématique des déclarations tenues par les organisatrices et organisateurs dudit événement.

La croissance de groupes fascistes partout dans le monde manifeste l’abandon de la croyance en des structures traditionnelles de la politique qui n’ont fait que procéder à une perpétuelle dépossession. Il ne va néanmoins sans dire que les réponses qu’ils offrent à cette situation constituent une dangereuse crispation fascisante. Bien loin de principes écologistes et anticoloniaux qui tentent une ouverture et une manière d’être différentes à l’égard de mondes qu’on a et qu’on continue de pillé et de ravagé, la réponse offerte par ces groupes manifeste un repli réactionnaire qui vise la création et la défense d’un idéal identitaire, d’une intériorité fantasmée qui rejette tout ce qui lui est extérieur, tout ce qui lui est hétérogène, bref tout ce qui est interprété comme une menace potentielle.

C’est en ce sens que, dans une perspective anticoloniale et écologiste qui se veut transformatrice et non pas réactionnaire, nous refusons le soutien de ces groupes et de leurs sympathisant.es puisqu’ils participent d’un esprit qui nous semble creuser la catastrophe en cours plutôt que d’engendrer de nouvelles façons de l’habiter en commun.